Elle avançait sur le fil de l’horizon
Au dessus des terres couvant les précieux germes de vie
Au dessus des mers abritant les rêves de futur
Elle trébuchait parfois
Basculant dans un vide qu’elle découvrait envahi de bruits
Sa chute écrasait les cris assourdissants
Dans le silence qui suivait chacun retrouvait sa place
Dans les espaces libérés elle se glissait réveillant les regards morts
Ses déplacements devenaient ondulations délivrant les souffles contenus
Il lui suffisait de s’approcher jusqu’au contact
Pour libérer chacun de ses entraves
Lentement la vie reprenait chez ces Hommes aux corps endormis
De l’anesthésie ne subsistait plus de trace
Défaits démontés les modèles injectés
Des gestes revenaient qui disaient le plaisir
Des paroles s’échangeaient qui appelaient le désir
Accompagnée par cette mélodie encore incertaine elle s’éloignait
Les yeux rivés sur ce point qu’au loin elle devinait
Phare sur le fil qu’elle rejoignait
Sa chute ne fut point vaine


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