Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 23:12


Elle se baigna à l’endroit même où un an auparavant elle avait offert sa brûlure au sel de la mer. Flottant à la surface elle s’était alors noyée dans le ciel, cherchant une caresse que sa peau réclamait.
Aujourd’hui tout son corps n’était que sourire. Elle n’était plus dans une attente.

Elle était, simplement.

Chacune de ses cellules goûtait tout ce que le monde lui apportait.
En cet instant elle retrouva le plaisir à se laisser glisser, à onduler dans cette eau qu’elle voulait transparente. Elle traversait rapidement les algues qui s’effilochaient le long de ses jambes.
Elle nagea jusqu’au radeau qu’une jeunesse en vacances animait de ses cris et de ses bousculades.

Allongée sur les caillebotis, les genoux repliés, elle les laissait retomber, s’entrechoquer au gré des vagues provoquées par les plongeons des garçons.
Les souvenirs de cette année écoulée défilaient, éveillant en chacune des parties de son corps une émotion, un trouble, un désir.
Chaque parcelle de sa peau se souvenait d’un contact : le bois rugueux, l’herbe humide, la laine légère, la peau douce, les pierres glissantes …
En cet instant les notes chaudes du soleil lui suffisaient.

Elle fut bientôt seule sur le radeau, savourant ces minutes qui contenaient toute sa vie dérivant d’un bord à l’autre de cette mer.

Elle était.
Simplement.
Maintenant.
Là.

Par Plume De Vent - Publié dans : Hommes
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