Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /2007 00:01

Etait-ce l’annonce du retour du froid ?
Ce dimanche après midi je me suis réfugiée au cinéma.
Le vent, qui ne nous quitte plus depuis ce jour, commençait à souffler dans la rue étroite.
Le plaisir de s’engouffrer dans la salle que j’espérais chauffée !
Emmitouflée, je m’enfonce dans le fauteuil, appuyant sur le dossier ma tête lourde d’un samedi soir de rock, zouk … et valse …
Mais Odette Toulemonde me garde en éveil et avec la salle j’éclate de rire devant ses remarques d’une telle évidence.

           C’est comme lorsqu’on s’amuse à prendre au sens propre casser les pieds (grrr …), donner un coup de main (hum), ouvrir l’oreille (ah ?), couper moi la tête (oh ?!)
Enfin, de toutes façons, Eric Emmanuel Schmitt et moi, c’est une histoire d’amour … sauf que lui ne le sait pas … comme dans le film (!)


Peut être vais-je lui écrire.


Zut ! j’ai été devancée … c’est un truc du même genre qui lui a donné l’idée du scénario … quoique ? si je tentais ma chance ?
Moi ce serait plutôt intello, ça volerait plus haut … mais comme il faut savoir garder la bonne distance, je risquerai le quiproquo.

Donc je renonce.

Et avant de quitter la salle, à la fin de ce mélo-drame je verse une larme.



A peine un quart d’heure plus tard me voilà à nouveau dans la salle.
Cette fois la chaudière marche.
Une chaleur douce ne sera pas de trop pour affronter la froideur, la dureté de La Vie des Autres.

De ce film je retiendrai le visage de Ulrich Mühe qui se métamorphose durant cette surveillance par écoute, étonnantes séances de voyeurisme.

Je retiendrai l’expression de ses yeux, témoins de la transformation de cet homme qui accède à sa propre humanité, quand, seul dans le grenier, les écouteurs collés aux oreilles, il est saisi par la beauté d’une pièce musicale, par les palpitations des désirs, par le génie créateur des hommes.

Je serai touchée par sa trahison du régime quand il élimine les preuves de désobéissance, comme une façon pour lui de participer à l’oeuvre créatrice.





Comme les matriochka (ces poupées russes qui s’emboîtent les une dans les autres) ce film nous fait toucher à l’impérieuse nécessité de garder en nous une part dédiée à l’art.

Par Plume De Vent - Publié dans : Regards
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