Mardi 17 juillet 2007 2 17 07 2007 09:56

Une voix, des vocalises, Nathalie Dessay, une vibration qui résonne dans la poitrine et met en mouvement le corps tout entier

Dans la tiédeur de la journée de ce 14 juillet des sons d’un petit orchestre sur la place, vers le bas de ma rue, un repas gratuit sous les platanes

Le soir sur la voie désaffectée de la gare la foule du village se retrouve pour admirer le feu d’artifice … des "oh" qui pleuvent mais ne mouillent la poussière de ce champ de mines d’une heure … le bal où l’on danse entre les trous du bitume … petite foule bigarrée, vacancier bobo, habitants de tous poils, danseurs expérimentés, ballerine et ses jeunes amies

photo Ray Demski

Tiédeur d’un dimanche au bord de la mer frisée par la brise pendant que la canicule plombe la montagne, trouver une parcelle de sable au milieu des corps étalés, des courants de crème solaire flottent dans l’air … enfin quelques mètres carrés isolés … reprendre la route longeant des marais puants de fermentations

Coldplay, Archive accompagnent les quelques kilomètres pour rejoindre la ville et le couvent … autre temps

"Un être normalement constitué aspire à la vie éternelle" … je ne suis pas normalement constituée … j’aspire, là maintenant, à l’éternité, qui n'est pas la vie éternelle
Je la vis … par instants fugitifs … en elle je nais chaque fois à moi même

Thomas Merton, William Blake … à lire                       

Carlos Castaneda … accéder à d’autres niveaux de conscience

Arroser la lavande immigrée du château de Lacoste et qui s’est acclimatée sur la terrasse

A la fin du jour le bruit assourdissant d’un vol de corneilles décrivant des cercles au-dessus du quartier

Retrouver le fil d’une semaine


Par Plume De Vent - Publié dans : Temps
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 07 2007 23:26


Il est parti.
Il aimait suivre des rails dont il ne savait rien de la destination.
Moi je le voyais se perdre, brûlé par le soleil ou transi de froid.
Il éclatait de rire.

Je devinais dans ses yeux la petite gare où il arrivait après une longue marche.
Les portes battaient, les lumières faiblissaient, plus personne au guichet.
La nuit exhalait les odeurs mêlées de toute une journée.
Parfois il s’asseyait sur un banc, attendant qu’une ombre vienne le surprendre.
Il aimait imaginer la vie de ceux qui transitaient dans ce lieu.

Il cherchait ardemment les détails qui réveilleraient ses sens endormis.

Il reprenait sa marche, les yeux rivés au sol, les membres désarticulés, s’arrêtant devant chaque objet dont tant de voyageurs se délestaient.
Même lorsque certains le dégoûtaient, il n’hésitait pas à le prendre, le malaxer, le broyer.

Que réduisait-il ainsi ?
Cherchait-il à pulvériser une part de lui-même ?

Certains autres lui semblaient si fragiles.
Il s’asseyait devant eux.
Il les contemplait avant de les toucher.
Ses gestes étaient précis.
Il les déposait dans sa main.
Ses doigts épousaient les contours.
Sa peau transmettait à son cerveau les influx nerveux de ses perceptions atrophiées.
Il les faisait rouler dans le creux de sa main.
  ... les basculait lentement de l’une à l’autre.
  ... les enfermait tout entier, comme si c’était un trésor, son trésor, qu’il voulait protéger.

Ce contact avec l’objet, les émotions qu’il faisait naître créaient des courants qui appelaient le mouvement dans tout son corps.
Ses plantes de pied s’enracinaient.
D’une bascule harmonieuse du bassin il déployait ses jambes lançant vers le ciel ses deux bras reliés par l’objet.
Il goûtait l’étonnement de sa posture : un arbre s’élançant vers la lumière.
Lentement le mouvement venait habiter chaque cellule.

L’espace à son tour se transformait jusqu’à me transmettre cette vibration qui soudain jaillissait lorsqu’il libérait l’objet de ses mains.
Tout en lui devenait silence.
Telle un boomerang cette libération revenait fendre l’armure qu’il s’était construite.

Il me disait : « je dois poursuivre sur cette voie ».
Toucher, sentir, tendre l’oreille, fermer les yeux … il ressentait l’émerveillement de la découverte.
Oser se laisser conduire vers ces territoires inconnus.
Il lui devenait impératif, nécessaire, de plonger et boire à la source de ce plaisir, cet envahissement de sensations.

Est-ce cela vivre ? me glissa t-il dans l’oreille d’une voix nouvelle.

Il venait de naître à lui-même.
 

Par Plume De Vent - Publié dans : Hommes
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Jeudi 28 juin 2007 4 28 06 2007 09:49

... pas très poétique, le coup de gueule ! mais urgent, nécessaire !

Aujourd'hui, maintenant, tout de suite, le premier de nos devoirs est envers nous mêmes : ne pas laisser faire, ne pas laisser croire que nous sommes manipulables, que notre liberté peut se museler, que l'on peut décider à notre place, faire à notre place nos choix, décider pour nous ce qui est bon et ce qui ne l'est pas !

La révolte !

Urgent de la garder dans notre coeur cette saine révolte !

Car la peur gagne les uns et les autres ! ... le plus minable c'est que ce sont ceux qui ont le pouvoir qui sont en train de mouiller, non pas leur chemise, mais leur froc !

Révoltée, je suis !


Dernier exploit en date : éviction de Frédéric Bonnot, producteur sur France Inter d'une émission culturelle, comme on en rêverait des dizaines (je n'osais pas dire des milliers !).

Le contenu, varié ... le ton humoristique, impertinent ... on avait l'impression d'habiter partout,
on était au courant de presque tout ...

Après la menace sur Daniel Mermet et Là bas, si j'y suis, après l'éviction de Alain Rey, après l'arrêt de Arrêt sur images, à la télévision, les passages à la trappe s'accélèrent, les peurs prolifèrent, le cancer culturel métastase.

Je n'étais pas forcément et toujours d'accord avec tout ce qui se disait, mais au moins étais-je
amenée à réfléchir, à argumenter et finalement, dans le fond il y avait une vérité dérangeante.

Oui encore une pétition à signer, l'un des moyens de faire entendre sa différence ... slogan de
France inter ! (depuis le 20 juin 9 956 signatures validées sur les 12 160 déposées)

Cette fois c'est pour dire non !
non :
Monsieur le Directeur de France Inter, au nom de quoi  supprimez-vous cette émission La Bande à Bonnot ?

élitisme ? taux d'audience ?

avez-vous lu, sur le site de l'émission, les réactions des auditeurs ?
qui témoigne de "l'élistitude" ?
le nombre des réactions par rapport à l'habitude n'est-il pas significatif d'une certaine audience ? (à 19 heures, hier, mercredi, déjà 1100 réactions !)

Allez, Monsieur le Directeur, un peu de courage ... ce n'est pas lui qui a l'air de vous étouffer ! Une bonne occasion vous est donnée de redorer votre image !
                                                                                                                                                                                                    merci à David pour le dession !  David - BD

Mea culpa, minima culpa, parce que si mon conscient ne savait ce qu'il faisait, l'inconscient, lui, était bien conscient ! Frédéric Bonnaud n'est pas à confondre avec l'anarchiste Bonnot !
Merci à David de l'avoir signalé ;)
Par Plume De Vent - Publié dans : Hommes
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