Dimanche 1 avril 2007
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C’était comme une île au milieu de la ville.
Dernier étage. Vue sur les antennes. Le soir, quelques fenêtres éclairées.
Et le ciel.
Elle était seule avec Elle, dans un appartement, ni trop grand, ni trop petit, comme Elle disait.
Un code à l’entrée de l’immeuble. Un autre pour l’ascenseur. Depuis combien de temps y a-t-il cet ascenseur ? demandait-Elle.
Elle l’appelait Princesse.
C’est en la bordant dans son lit, en voyant son visage auréolé de blanc, en plongeant ses yeux dans les siens, qui malicieusement semblaient attendre quelques paroles avant de rejoindre la nuit, que lui était venu ce surnom.
Elle se la représentait princesse d’un conte d’un autre temps.
Et vous, où dormez-vous ? interrogeait Princesse régulièrement.
Elle était dans l’appartement de Princesse.
Elle essayait d’imaginer comment Princesse voyait ce lieu si familier dont Elle n’arrivait plus très bien à reconnaître la disposition. Elle devait souvent La guider, L’orienter, Lui désigner les pièces.
Princesse prenait habituellement son sac à son bras pour aller de sa chambre au fauteuil près de la grande baie vitrée ou du fauteuil à la table pour le repas.
Sauf ce dimanche.
C’était le matin après la première nuit qu’elle venait de passer. Elle l’avait réveillée et préparée pour la journée.
Les moindres gestes, accompagnés de rires, de paroles amusées, précises, rassurantes, dessinaient entre leurs deux corps une danse dans l’espace.
Tout en s’affairant dans des tâches triviales, elle pressentait que, là, une conjoncture l’invitait à avancer sur un des chemins qui mènerait à ce qu’elle cherchait.
L’invraisemblable sentiment d’apesanteur depuis ce quatrième étage, l’attention portée à l’intime d’une parole apparemment divagante, l’isolement, l’espace intérieur que rien ne venait distraire, son corps travaillé par tout ce que la danse l’obligeait à écouter …
… tout concourait à la rendre proche de l’expérience de ce qu’elle nommait l’Eternité.
Un temps qui ne peut se mesurer.
Un temps qui pénètre jusqu’au plus profond de chaque parcelle de l’Etre.
Un temps qui marque, qui imprime.
Un temps qui n’a ni Avant, ni Après.
Un temps qui est.
Un temps qui ne s’oublie pas.
Par Plume De Vent
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Mardi 10 avril 2007
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17:38
Paroles du chorégraphe Emmanuel Grivet, qui dit le morcellement du temps.
Je prétends que l’enjeu de cette réalité est tout simplement la Vie, celle qui nous fait être Humain.
photo David Olivari
"Notre style de vie est atteint d’une maladie, celle du plus vite, toujours, partout.
Alors le temps se contracte, les tâches se juxtaposent sans interstice, les pensées comme les relations s’enchaînent, sans temps morts, fractionnées, fugitives, remplacées aussitôt qu’apparues.
Comment donc se réapproprier cette richesse qui nous appartient pourtant en propre … le temps, notre temps ?
Celui du far niente (faire rien en italien), celui de penser, de regarder le monde, de se forger une opinion, celui de profiter de l’Autre, de sa richesse et de ses différences, celui de l’entre, entre l’action et l’action suivante, entre l’occupation présente et celle à venir.
Celui de l’inutile, fondement de l’acte artistique.
….
En cela je crois que le temps est un enjeu majeur de la société à venir et demande de changer radicalement les façons de l’envisager.
Dans la pensée, comme dans les organisations."
Emmanuel Grivet
Chorégraphe - Danseur
Par Plume De Vent
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Mardi 24 avril 2007
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16:04
Passage (anthropologiquement) : Espace-temps marqué par des rites qui marquent les différentes étapes du cycle de vie des membres d'un groupe, pour accéder à un autre statut
Superbe !
Le parcours …
Faut vraiment être une femme, ou bien avoir une conscience aigue du temps pour saisir comment Ségolène Royal avance avec le temps : chaque chose à son heure.
Une fois déclarée son intention de se présenter,
mettre son empreinte à sa candidature à la candidature et aux élections elles-mêmes.
Donner le tempo, laissant les soutiens venir d’eux-mêmes jusqu’à ce que devienne évidente la présence des fameux éléphants à ses côtés (façon de les « neutraliser).
Garder son plan de campagne, sans se laisser impressionner par les commentaires, venant de tous bords … c’est sûr, sa campagne n’était pas classique, ordinaire ! Elle n’obéissait pas aux lois habituelles de parti !
Jusqu’au soir du premier tour, observer.
Ouvrir une autre campagne, après le premier tour … ouvrir tout court, toujours dans le même esprit : celui qui considère les personnes, non pas comme des moyens de prise de pouvoir, mais comme des acteurs participant à une dynamique de véritable changement dans les pratiques de vie politique, sociale, entreprenariale …
Même s’ils ne partagent pas tous toutes les vues de Ségolène, certains ne s’y sont pas trompés, qui aussitôt lui ont apporté clairement leur soutien.
Mais comment d’autres décryptent-ils le fond et la forme d’une campagne ?
Quel sens aurait pu avoir le dialogue avec François Bayrou que propose aujourd’hui Ségolène s’il avait été présenté avant ?
Ceux qui aujourd’hui la critiquent ironiquement sur ce sujet signent ainsi l’incohérence de leurs propres discours : vouloir le changement, sans être capable de le situer.
Ne vous méprenez pas : je n’encense pas Ségolène, je mets en avant toutes ses qualités qui me font croire qu’elle seule a vraiment celles qui permettront de créer une société où l’homme pourra trouver une place digne et où la solidarité ne sera pas un vulgaire slogan.
Par Plume De Vent
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