Elle se baigna à l’endroit même où un an auparavant elle avait offert sa brûlure au sel de la mer. Flottant à la surface elle s’était alors noyée dans le ciel, cherchant une caresse que sa peau réclamait.
Aujourd’hui tout son corps n’était que sourire. Elle n’était plus dans une attente.
Elle était, simplement.
Chacune de ses cellules goûtait tout ce que le monde lui apportait.
En cet instant elle retrouva le plaisir à se laisser glisser, à onduler dans cette eau qu’elle voulait transparente. Elle traversait rapidement les algues qui s’effilochaient le long de ses jambes.
Elle nagea jusqu’au radeau qu’une jeunesse en vacances animait de ses cris et de ses bousculades.
Allongée sur les caillebotis, les genoux repliés, elle les laissait retomber, s’entrechoquer au gré des vagues provoquées par les plongeons des garçons.
Les souvenirs de cette année écoulée défilaient, éveillant en chacune des parties de son corps une émotion, un trouble, un désir.
Chaque parcelle de sa peau se souvenait d’un contact : le bois rugueux, l’herbe humide, la laine légère, la peau douce, les pierres glissantes …
En cet instant les notes chaudes du soleil lui suffisaient.
Elle fut bientôt seule sur le radeau, savourant ces minutes qui contenaient toute sa vie dérivant d’un bord à l’autre de cette mer.
Elle était.
Simplement.
Maintenant.
Là.
Par Plume De Vent
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Je ne sais pas où vous êtes maintenant.
Ce mardi vous étiez assis à votre fauteuil,
votre tête s’est inclinée sur le côté
et la vie s’est arrêtée.
Je ne sais pas pourquoi
à cette heure
la mort vous a saisi.
Je ne sais pas si
à cet instant vous avez eu peur.
Je ne sais pas comment
les regrets dont vous parliez
se sont transformés.
Je ne sais pas si
le temps a été suffisant
pour terminer le ménage
avant le grand passage.
Souvent
lorsque nous parlions
vous vouliez savoir
ce que je pensais
ce que je ressentais
ce que je faisais.
Cet intérêt
presque toujours teinté d’humour
m’étonnait
me touchait.
Ensemble
avec votre fils
nous balayions votre vie au gré
de l’inspiration
des mots qui naissaient de l’instant présent.
Un jour vous avez changé de chambre
Passage du premier étage au rez de chaussée
Chemin de descente vers la profondeur de votre être
Espace où se tenait ce colloque intime
vous conduisant lentement
à votre propre source
à votre or intérieur.
Je crois que vous avez choisi l’intimité d’un instant
pour faire du dernier souffle de vie un présent.
Je crois que ce sont des sourires
qui ont accueilli votre dernier soupir.
Je crois qu’une foule de ballons
sont venus vous enlever
pour rejoindre dans une ronde
ceux que vous aviez entraînés.
Je crois que dans ces derniers instants de vie
la poésie s’est faufilée sur des sentiers de liberté
La respirer
ce fut
pour chacun de nous
habiter son humanité ...
... qui dans ce partage,
aujourd'hui dans notre existence,
entre en résonance.
Par Plume De Vent
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